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Get Out, critique

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Après avoir joué dans la comédie Cigognes et compagnie, l’acteur Jordan Peele, loin d’être effrayé, décide de nous surprendre en réalisant son premier thriller horrifique au sein d’une famille américaine, prête à tout pour subtiliser des corps d’hommes noirs et renforcer notre dégoût pour les univers malsains…

D’origine africaine, Chris (Daniel Kaluuya) est photographe. Il fréquente Rose (Allison Williams), une Américaine bien sous tous ses rapports, qui le convainc de séjourner dans la demeure de sa famille. Sur le trajet, Chris et Rose percutent un cerf sorti de nulle part. À peine arrivés dans la maison, ils croisent Andrew (Lakeith Stanfield), un jardinier noir, et Georgina (Betty Gabriel), une femme de ménage noire, aux regards troublants. Chris est contrarié par l’attitude des domestiques. Mais, cette inquiétude disparaît de son visage lorsque les parents de Rose, Dean (Bradley Whitford), un neurochirurgien, et Missy (Catherine Keener), une psychiatre, viennent à lui. Et lui font l’éloge de Barack Obama. Jeremy (Caleb Landry Jones), le frère de Rose, est en faculté de médecine. Sa curiosité et son hostilité sont profondément enracinées qu’il ne peut pas s’empêcher de poser des questions à Chris. Peu de temps après, alors que la conversation prend une étrange tournure, les parents de Rose proposent à Chris de se joindre à eux, lors d’une fête surprise. Les craintes de Chris réapparaissent. C’est alors que Missy lui propose une séance d’hypnose pour soulager ses angoisses. Commence pour Chris une descente dans les limbes du néant, où il perd conscience et se retrouve à la merci d’une Missy diabolique.

Au cours de la fête, l’ambiance bat son plein et Chris, devant la présence des convives énigmatiques, est de plus en plus persuadé que sa belle-famille est perturbée par la présence d’Afro-Américains. Et, pourtant, malgré celle des domestiques, il est évident que les hôtes font partie d’une conspiration pour subjuguer les hommes noirs à travers une série de phénomènes qui défient toute logique, par exemple un flash rend subitement hystérique un individu noir. Chris appelle Rod (Lil Rel Howery), un copain policier, pour lui signaler ces mystérieux événements qu’il distingue, mais ses conversations ne durent jamais longtemps. Parce que soit son téléphone est à court de batteries, soit Missy agit sur lui pour l’endormir.

Ici, Jordan Peele nous plonge dans un univers intriguant où chaque bruit, chaque comportement, chaque regard des invités est suspect et ouvre la porte sur des pièces qui n’ont pas été explorées. Jusqu’au moment où Chris est contraint de s’y introduire et où il finit par comprendre que sa belle-famille fait des expériences sur le cerveau des hommes noirs. Par un tour de force et un sang-froid incroyable, Chris parvient à se défaire de l’emprise psychologique de sa belle-mère et entre dans une colère noire. Il lui est venu cette idée folle de monter un spectacle macabre pour assouvir sa vengeance.

D’une simple idylle entre deux jeunes gens à une semaine chez une famille aussi dérangée qu’impénétrable, Jordan Peele fait monter la tension. Jusque dans les moindres recoins inexplorés de la demeure, et le mépris des hommes blancs envers des hommes noirs est répugnant. Lorsque la situation s’inverse, Jordan Peele rend un mauvais service aux véritables victimes de racisme en réduisant les torturants à un groupe d’individus ordinaires. Dans la vie réelle, le racisme est une affaire beaucoup plus compliquée qu’elle n’y parait et les victimes peuvent être parfois aussi dangereuses que leurs oppresseurs.

Le retournement de situation instaure un climat malsain et la montée progressive de la colère ne fait que fragiliser les relations interethniques. Et, au-delà du déchaînement de violence, c’est l’homme noir qui apparaît comme étant la seule victime du racisme. Ce cliché de l’individu de couleur, persécuté, est infondé, car personne ne peut avoir le monopole de la bienveillance, et tout le monde peut souffrir du racisme ou de discrimination.

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