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Gaston Lagaffe, critique

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Après avoir quitté le monde de l’enseignement des Profs, Pierre-François Martin-Laval est devenu un chef d’entreprise unique en son genre. Il ouvre curieusement la voie du dialogue social au patronat, quelque peu réfractaire à la différence, en quête d’employés audacieux à tous égards…

Pierre-François Martin-Laval prête cette fois-ci ses traits à Prunelle, le responsable d’une agence en recyclage en pleine effervescence dont le concept est pour le moins original : « Aupeticoin, on rend utile, l’inutile ! » Après des vacances méritées, il découvre rapidement que les choses ont beaucoup changé dans la startup grâce à un étonnant apprenant. Gaston Lagaffe (Théo Fernandez), entouré d’un chat, une mouette et un poisson rouge. Lorsque Monsieur de Mesmaeker (Jérôme Commandeur), un détaillant en ligne, propose à son patron une offre ridiculement généreuse, le sérieux de ladite agence en prend un coup, au grand dam de l’acheteur et d’un dirigeant particulièrement nerveux par son nouveau stagiaire. Gaston l’exaspère et l’étonne par son audace, son sens de l’imagination du travail bien fait et ses initiatives extravagantes. Entre les interventions accidentelles de cet apprenant et la chute de l’activité de la startup, les créations délirantes de Gaston sont étrangement ce dont a besoin Aupeticoin.

C’est exactement cela. Gaston se manifeste dans cette agence prometteuse qui améliore le quotidien des clients en valorisant des objets inutiles, sauf que Prunelle n’avait pas imaginé de l’incroyable potentiel de son stagiaire aux méthodes de travail sans précédent. Chaque matin, cette nouvelle recrue ne surgit jamais seule, mais en compagnie d’étranges animaux qui se garent devant l’énergumène Longtarin (Arnaud Ducret) et qui commencent sans cesse par une sieste. Et comme c’est plus fort que lui, Gaston en remet une couche. Il s’avance dans d’extraordinaires aventures, entrainant avec lui une majorité d’employés pour mêler originalité et rentabilité, où la réussite réside dans le confort de salariés au sein même d’un environnement distrayant et pratique.

Pierre-François Martin-Laval, qui adapte la célèbre bande dessinée d’André Franquin, propose une relecture simple des péripéties de Gaston Lagaffe. Derrière l’accessibilité et l’unicité d’une intrigue repensée se dessine une comédie de situation surprenante qui vit au gré des attitudes fantasques et des inventions hors du commun de ce personnage. Le Gaston de Pierre-François Martin-Laval se montre comme un héros aux racines anarchiques. Alors qu’il est lui-même assujetti à travailler, ce nouveau Gaston le fera à sa façon en muant cette contrainte inhérente à tout individu pour subsister en un besoin salutaire. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne se soucie pas de ses collègues, d’autant plus qu’ils apprécient ses ouvrages d’une grande utilité : la porte élastique et les gadgets insolites pour recouvrer un brin d’efficacité et de sérénité.

Réinventé par Pierre-François Martin-Laval, Gaston Lagaffe maintient un ensemble hétérogène dans lequel s’entrechoquent esprits d’initiative et survie d’une startup en proie à une offre de rachat absurde. Certains d’entre eux repèrent dans les aléas du capitalisme, sous couvert du ton grossier d’un acheteur impayable, un exutoire créatif et ludique, et d’autres se préoccupent de l’avenir de l’agence. Au milieu de collègues sous pression, Gaston n’embarrasse personne. D’un regard discret et facétieux, il ne pense qu’à traînailler, réfléchissant à des projets utiles pour améliorer leur bien-être, donc leur efficacité au travail. Avoir connaissance du confort d’autrui, y compris celui d’animaux singuliers, et prendre conscience de l’écologie peut parfois être bénéfique à une entreprise touchée par une crise qui frise avec autant d’élégance la surprise d’en rire pour quelques instants de fraîcheur. La preuve avec ce Gaston Lagaffe !

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