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Fantastic Birthday, critique

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La veille de ses 15 ans, Greta Driscoll, jeune fille introvertie, s’accroche au monde de son enfance. Mais, lorsque ses parents organisent une fête pour fêter son anniversaire, Greta se retrouve plongée dans un univers cru, étrange, érotique, bref, celui des adultes. Va-t-elle réussir à affronter ses peurs pour pouvoir aborder autrement cette nouvelle ère et se trouver ?

Si vous hésitez à ressasser votre jeunesse, Rosemary Myers et son scénariste Matthew Whittet vous proposent de le faire à votre place. Avec, en toile de fond, une belle nostalgie et une tendresse infinie, vous renvoyant directement à une ère indémodable où tout était extraordinaire. Un retour en arrière qui parait bizarre et sombre, marqué par l’inconfort et la confusion de deux années différentes en une seule année. En réalité, ce retour en arrière est un peu comme si on s’était perdu dans une forêt pendant notre sommeil, là où l’étrangeté d’un univers moderne et les souvenirs d’un passé rétro se côtoyaient. Ce mélange des genres est le sens véritable de Fantastic Birthday qui nous donne envie de rechercher des mécanismes délirants devant les délires ou les expériences hallucinatoires de Greta (Bethany Whitmore) et de Elliott (Harrison Feldman). Face à ces adolescents en pleines évolutions, il y a les excentriques Adam (Eamon Farren), sa copine Huldra (Tilda Cobham-Hervey) ainsi que Conrad (Matthew Whittet) et Janet (Amber McMahon). Leurs comportements ne s’arrangent pas lorsqu’ils organisent l’anniversaire de Greta avec des copines de son école. Et, au milieu de cet événement, ce sont ces deux périodes qui s’opposent si bien qu’elles mêlent à la perfection l’originalité d’un Wes Anderson (Moonrise Kingdom) et la singularité d’un Sam Raimi (Le monde fantastique d’Oz).

De ce mélange parfait entre ces deux périodes, Rosemary Myers profite de la maladresse de Greta pour la confronter aux autres de sa classe. Et marquer la différence de deux styles de vie différents. Greta, angoissée par son âge et intimidée par les autres, est assise seule dans la cour de récréation de l’école, pendant que ses camarades s’amusent. Le temps passe et Greta devient ami avec Elliott, un roux pelucheux qui semble, lui aussi, se raccrocher à son enfance.

Sur l’ordre de sa mère Janet, Greta invite Elliott chez elle pour l’inciter à s’ouvrir sur le monde extérieur et à lui faire découvrir son univers intriguant. Janet est persuadée que Greta est une adolescente en pleine maturité, mais ce n’est rien lorsque la première a invité les camarades de classe de la seconde. Greta, loin d’être prête à grandir, refuse catégoriquement de prendre le parti de sa mère. Et, pourtant, Greta va devoir l’accepter tout en surmontant ses appréhensions et sa frustration liées à son passage progressif vers l’âge de maturité lorsqu’elle va découvrir que ses camarades ont déjà accepté l’invitation.

Dépeindre sa chère boite à musique comme le symbole de toute son enfance est une curieuse définition pour ne pas faire face à la transition de l’enfance à l’âge adulte ou, du moins, ne pas altérer son statut d’adolescent innocent. Lorsqu’elle est angoissée à la sortie de l’école ou apeurée par cette fête d’anniversaire, Greta préfère s’isoler dans sa chambre plutôt que de rester avec son extravagante famille. Dans cette chambre, Greta y retrouve cette fameuse boite qui la plonge dans un univers farfelu où elle se focalise sur un homme des bois jusqu’à perdre de vue ce qu’elle veut faire : le retrouver. Alors, la jeune héroïne de Rosemary Myers, déterminée, continue sa recherche et elle s’aperçoit qu’elle est devenue la cible de cet être farouche, lui montrant qu’elle peut grandir tout en faisant de la vie une partie de plaisir. Alors qu’elle essaie de retrouver cet homme des bois, Greta rencontre des figures familières qui la considèrent comme une créature encore plus effrayante qu’eux.

De retour à la fête d’anniversaire résolument surréaliste, Greta est contrainte de porter une robe et de se maquiller, tandis qu’Elliott est paré d’un costume élégamment rétro. La maison de Greta se transforme vite en discothèque et ses camarades de classe dansent, se distraient, lui remettent ses cadeaux dans un coin de salon, là où elle va redescendre après avoir refermé sa boite. Greta constate que tout se déroule à merveille, malgré ses angoisses. Greta commence à profiter de la soirée. Mais, lorsque trois jeunes filles à l’humour déplacé viennent à elle, ses appréhensions réapparaissent et elle finit par s’endormir au côté de sa boite.

Mise en scène par Rosemary Myers et plongée dans ses souvenirs, une jeune fille introvertie découvre un univers fruste, étrange et sensuel de l’adulte. Avec, à la clé, fantaisie et humour poétiquement décalé. Rosemary Myers, empruntant le style de Wes Anderson et de Sam Raimi, confronte le monde des enfants à celui des adultes pour l’assimiler à toute une collection d’animaux farouches et se révéler à eux-mêmes. Cette métamorphose évoque le passage de l’innocence à la brutalité du monde adulte. Elle est le symbole d’une forêt où chaque enfant s’y retrouve, où chacun s’interroge sur ce qu’il veut devenir et où chacun la traverse sans heurt, se débatte pour y évoluer ou n’en ressorte pas pour préserver leur pureté. Cette forêt est un endroit tantôt magnifique, tantôt horrible, bref un endroit où chaque enfant peut autant s’y perdre que s’y trouver. Ce qui est sûr est que si vous essayez d’en rire, les animaux les plus ardents seront enchantés de vous aider.

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