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Encore Heureux, critique

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Porté à merveille par Edouard Baer et Sandrine Kiberlain, Encore Heureux est une comédie joyeusement amorale, où l’endettement et le chômage peuvent être le symbole de la richesse…

Troisième film de Benoît Graffin après Le New-Yorker et Café de la plage, Encore Heureux nous conte l’histoire d’une famille, bien sous tous ses rapports, qui implose lorsqu’un des parents se retrouve sans emploi. Devant une femme (Sandrine Kiberlain) lassée de son insouciance, Sam (Edouard Baer) ne fait rien pour arranger son attitude décontractée. Il préfère s’amuser avec ses deux enfants plutôt que de retrouver un poste de cadre pour subvenir aux besoins de son foyer.

Sandrine Kiberlain aux propos et aux réponses imagées est la révélation de cette comédie rondement menée par Benoît Graffin. Elle est très à l’aise lorsqu’elle envoie des remarques désobligeantes à Edouard Baer, l’incitant à chercher une solution de financement viable. Le comédien, interprétant un mari insoucieux et cynique, déborde d’imagination pour affronter les situations auxquelles Sandrine Kiberlain lui fait subir. Jusqu’à ce qu’il profite d’une idée absurde de sa fille pour s’enliser dans une (més)aventure cocasse et licencieuse, au grand désespoir de Sandrine Kiberlain. Cette (més)aventure les dépasse et les plonge peu à peu dans la spirale des complications en tout genre, où les astuces, plus ou moins légales, sont les bienvenues pour échapper à la rue. Et c’est sans compter sur la présence d’une irrésistible Bulle Ogier qui les poussera gentiment au bord d’un périple irrévérencieux, où les pauvres pourront se servir et où les riches payeront le prix de leurs mépris. Ce périple nous démontrera à quel point la barrière est mince entre la pauvreté et la richesse, entre l’honnêteté et la malhonnêteté, entre l’appauvrissement et l’enrichissement personnel.

Entre légèreté et sincérité, Benoît Graffin nous montre la manière dont la crise économique impacte et appauvrit les familles les plus modestes. À défaut de passer pour des personnes intègres, les personnages d’Edouard Baer et de Sandrine Kiberlain doivent se débrouiller seuls pour survivre, quelles que soient les combines employées. Leurs attitudes sont sans aucun doute amorales, mais elles ne sont rien face aux plus riches qui détournent leurs sous pour les narguer. Et, au-delà de tous ces comportements indécents, c’est une comédie sociale divertissante et grinçante qui rappelle à quel point l’argent n’est pas une fin en soi, même s’il aide à payer les charges.

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