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Diplomatie, critique

Guillaume Blet 0

Adapté de la pièce théâtrale éponyme de Cyril Gely et inspiré de faits historiques réels, Diplomatie est le nouveau film du cinéaste allemand Schlöndorff. Ce dernier met en scène un face-à-face saisissant : le Général Von Choltitz (Niels Arestrup) face au consul suédois Raoul Nordling (André Dussollier)…

Le premier est Gouverneur du grand Paris, qui se prépare dans la nuit du 24 au 25 août 1944, sur ordre d’Hitler, à raser les murs et les monuments de la Capitale, à savoir le Louvre, Notre-Dame, la Tour-Eiffel. Le second est un négociateur qui, en usant des armes de la diplomatie, tente de convaincre le Général de ne pas exécuter l’ordre du Fürher.

Pour son 20ème film, Volker Schlöndorff, qui n’a plus rien à prouver, ne nous cache pas l’issue de son adaptation cinématographique. En narrant cette partie de l’Histoire, le réalisateur nous gratifie d’une excellente joute verbale entre deux hommes ballottés et affaiblis par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Quelle que soit la décision prise, ces deux êtres savent désormais qu’ils seront jugés tôt ou tard.

Niels Arestrup et André Dussollier qui sont également les deux interprètes de la pièce de théâtre, au sommet de leur art, maitrisent parfaitement leur rôle et offrent à leur personnage une psychologie suffisamment garnie pour nous tenir en haleine jusqu’au bout du récit.

André Dussollier en consul déploie au fur-et-à-mesure ses cartes pendant que Niels Arestrup dans la peau du Général lui donne la réplique sans perdre le sens de l’honneur. Leur tandem est d’une incroyable intensité. Une diplomatie sous forme de duel oral qui dépasse le cadre d’un récit historique et qui soulève bien des questions : quelles auraient été les conséquences si Paris avait été détruit comme le souhaitait le Gouverneur sous les ordres d’Hitler ? Comment auraient évolué les relations entre la France et l’Allemagne, deux pays fondateurs de l’Union Européenne ? Tout ceci souligne des enjeux politiques totalement passionnants, étudiés avec impertinence par Schlöndorff, qui saisit toute la dimension des faits.

Le cinéaste filme deux grandes figures qui avaient autant à perdre qu’à gagner à la veille de la libération de Paris. Seulement, c’est en soulignant l’obéissance aveugle et la finesse de deux acteurs enfermés dans un hôtel de la rue Rivoli que Schlöndorff nous persuade de l’importance de notre libre arbitre dans la société. C’est cette capacité que l’être possède pour choisir son camp qui a permis de sauver des vies humaines et de libérer Paris en 1945. Ne l’oublions pas.

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