Critique : Deux jours, une nuit, un film de Jean-Pierre et de Luc Dardenne - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Deux jours, une nuit, critique

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Jean-Pierre et Luc Dardenne nous immergent dans une triste réalité de la société de nos jours. Cette crise économique et sociale dont personne ne sait comment il va s’en sortir indemne, préfère ne rien faire pour des raisons mystérieuses…

Jean-Pierre et Luc Dardenne reviennent sur un fait divers scandaleux, mais réel qui ne cesse de faire des ravages au sein de familles moyennes françaises : celui où les patrons délocalisent à l’étranger et celui où ils en profitent pour diminuer leurs masses salariales. C’est ce qu’il se passe dans le film des deux frères qui nous plonge d’emblée dans le quotidien d’une jeune femme (Marion Cotillard) qui voit sa vie basculer lorsqu’elle découvre l’intention de son employeur et l’absence de soutien de ses collègues, alors qu’elle est syndiquée.

Aidée moralement par son mari (Fabrizio Rongione), l’héroïne se retrouve néanmoins toute seule pendant deux jours et une nuit. Elle profite de cette courte durée pour inciter ses collègues à abandonner leur prime. Cette démarche lui permettrait de ne pas perdre son travail. Affublée d’improbables tee-shirts et d’un jean délavé, et coiffée rapidement, Marion Cotillard apparaît comme une femme dépressive et une mère pugnace dans chacune des scènes où elle essaye de défendre les intérêts de l’héroïne qu’elle incarne.

Des maisons sous le soleil à des relations houleuses entre collègues, en passant par une laverie et un terrain de football, ces scènes n’en sont pas moins différentes par l’émotion qui s’en dégage. Elles font partie d’une vie banale de collègues qui préfèrent s’y accrocher plutôt que de soutenir le combat d’une des leurs. Et, au-delà de cette tragique réalité sociale, Jean-Pierre et Luc Dardenne démontrent à quel point la société est devenue lâche et soulignent à travers leur héroïne l’importance de se battre pour que respect et solidarité ne deviennent pas une utopie.

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