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Des lendemains qui chantent, critique

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Réalisé par Nicolas Castro, Des Lendemains qui chantent est une belle occasion de se remémorer sa génération : celle des années 1980 où François Mitterrand était monté à l’Élysée. Celle où Coluche donnait naissance aux Restos du Cœur et celle où il recevait un César pour son rôle dans Tchao Pantin. Celle où les vrais artistes étaient désireux de monter sur scène pour porter en eux un élan créateur et celle où le marketing n’était pas complexe. Celle où mes parents m’ont donné la vie et celle où tout allait bien…

Nostalgique ou opposé à la génération de François Mitterrand, président patriarche qui fut élu le 21 mai 1981, Nicolas Castro dresse avec humour le portrait de Léon Kandel (Pio Marmai), un jeune militant amoureux et engagé, qui va, d’espoirs et de désillusions ou de désillusions en espoirs, se construire, grandir, mûrir pour avancer comme un adulte responsable. Tout en filmant sa rencontre avec la belle Noémie (Lætitia Casta), son meilleur ami Sylvain (Ramzy Bedia) qui confond le rêve américain avec les années 1980 ainsi que ses rapports avec son frère marketeur (Gaspard Proust) aux idées révolutionnaires et son père Raymond (André Dussollier) en syndicaliste révolu et inquiet.

Le naturel Pio Marmaï en journaliste anticonformiste, la beauté de Lætitia Casta en égérie de la gauche, la gouaille de Ramzy Bedia en patron opportuniste, l’ambition démesurée de Gaspard Proust ainsi que la tendresse d’André Dussolier en père de famille soucieux de l’avenir de ses deux fils donnent une dimension balzacienne à cette comédie humaine contemporaine, faisant des années 1980 les plus belles années du XXe siècle.

À travers la vie de ses personnages qui avancent et reculent ainsi que de leurs amitiés qui se font et se défont, Nicolas Castro dessine une critique subtile d’une gauche qui aurait abandonné ses engagements et ses principes pour des défaites prévisibles et des victoires faciles. Il en profite pour souligner l’évolution des publicitaires dont les messages simples furent remplacés par des campagnes complexes. Et, au-delà de ces nouvelles communications lancées par la gauche, Nicolas Castro lance un appel à une réforme sur lequel nous ne pouvons pas ne pas être d’accord. Parce que cette réforme nous permettrait de vibrer et de faire vibrer nos amis, sans aucun artifice, ni trucage.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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