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Dernier train pour Busan, critique

Guillaume Blet 0

Chef-d’œuvre sud-Coréen, Dernier Train pour Busan est un thriller horrifique et métaphorique capable de répandre notre sueur sur l’écran du cinéma afin de mieux nous faire réfléchir sur ce que représente la vie en collectivité face à l’individualisme et au capitalisme…

Des violentes émeutes éclatent dans toute la ville à la suite des affrontements entre la population et les policiers. Les chaines d’informations et les réseaux sociaux en profitent pour envoyer toute une myriade de messages à leurs internautes, y compris les passagers d’un train, et les avertir qu’il s’agit d’êtres humains qui se sont métamorphosés en zombies, faute au virus de la cupidité.

Alors que la bactérie virulente se répand en Corée du Sud et que l’état d’urgence vient d’être décrété par le gouvernement, le train à grande vitesse est sur le point de sortir de la gare de Séoul. Une jeune passagère au visage tuméfiée est recroquevillée sur elle-même, sans qu’aucun gémissement lui échappe. Elle va et vient, gesticulant dans tous les sens, poussant, par intervalles, un gémissement sifflé, et tenant son ventre comme une femme qui souffre de douleurs.

Sang-Ho Yeon a fait sensation en présentant Dernier Train pour Busan à son public sud-Coréen. Son film, mêlant l’aspect apocalyptique et la catastrophe sanitaire à la lutte de l’homme, est bien plus qu’un film d’horreur sauvage, puisqu’il évoque une vérité plus complexe qu’elle n’y parait. Sang-Ho Yeon en profite ici pour dresser une satire du monde décadent de l’homme et de la finance.

La soif de sang des zombies voraces est un affront à la vie au regard de la brillance élégante du train. L’étroitesse des espaces clos dans les rames ne fait qu’amplifier la terreur et semer le doute dans la tête des passagers. Beaucoup d’entre eux se sentent isolés et de moindre valeur. Devant la lâcheté et la vénalité de la majorité des passagers transformés en zombies, seul un petit groupe d’hommes courageux s’unit pour leur faire face. Et tenter de les raisonner.

Les films d’horreur font souvent référence à la souffrance et à la violence pour permettre d’évaluer et de dominer la menace. Sang-Ho Yeon y fait écho et filme l’animosité sanglante entre deux communautés, l’une est avide de sang et l’autre est assoiffée de liberté, qui s’affrontent pour soit défendre son amour-propre, soit enrayer le danger. Les attitudes des uns et des autres sont analysées et sont détournées par des zombies pour nous montrer ce qu’ils sont devenus : des êtres humains lâches. Une métamorphose qui n’est pas sans rappeler la punition que Franz Kafka avait imaginée pour Gregor Samsa. Et qui reflète les difficultés de l’homme à faire preuve de solidarité pour réparer ses torts qu’il a causés à la société.

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