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Departure, critique

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Après une séparation difficile, Béatrice emmène son fils Elliot dans la maison familiale, située dans une petite bourgade isolée du sud de la France. Un jour, Elliot croise la route d’un énigmatique adolescent qui le pousse, lui et sa mère, à affronter leurs désirs les plus enfouis. Pour la mère comme pour le fils, cette rencontre les marquera à tout jamais…

Andrew Steggall, prenant appui sur Céline Sciamma (Quand on a 17 ans), Jerzy Skolimowski (Deep End) et Xavier Dolan (Tom à la ferme), confronte l’adolescence et l’adulte aux affres de l’amour. Il met en scène un récit sensiblement pudique où Béatrice (Juliet Stevenson) et Elliot (Alex Lawther) plongent dans les profondeurs de leur âme et de leur corps pour trouver ce qui les unit, à leur être, à leur souffrance : celle de ne plus être capable d’aimer et celle d’avoir peur d’aimer l’autre. Cette immersion dans les eaux troubles de l’amour les révèle à eux-mêmes. Et les pousse à (re)découvrir une émotion à travers un adolescent (Phénix Brossard).

Au cours de leur séjour dans le sud de la France, mère et fils font la connaissance de cet adolescent qui rapidement leur répond : « Pensez-vous pouvoir maitriser vos sentiments ? ». L’été perd ses feuilles et laisse place à l’automne. Cette nouvelle saison est l’occasion pour Béatrice et Elliot, marqués par l’absence d’un mari et d’un père ténébreux, de se mettre à nu pour  faire le deuil d’une relation mensongère.

Ici, Andrew Steggall met l’accent sur des thèmes tabous de notre société moderne, comme ceux de l’homosexualité et de la sexualité, de la dépression et du mariage, pour en parler au sein de différentes histoires. Ces récits, quelque peu anodins, paraissent beaucoup plus profonds qu’il n’y paraît. On y découvre deux jeunes homosexuels et une mère dépressive qui s’affranchissent peu à peu des stéréotypes de l’amour pour (ré)apprendre à aimer. Et retrouver une sexualité sans anticipation, ni fausse pudeur. Seuls le regard de l’autre et le temps leur sont nécessaires pour cicatriser les vieilles blessures et prendre un nouveau départ dans leur vie.

Departure est donc un conte pudique, sobre et subtil dans lequel deux adolescents et la mère de l’un d’entre eux s’apprivoisent. Jusqu’à retrouver le goût d’aimer au cœur d’une somptueuse France bucolique. Et, au-delà du thème de l’amour entre personnes de même sexe et de la maladie, c’est une exploration de corps, aussi élégante que sublime, que nous propose Andrew Steggall.

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