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Deepwater, critique

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Pour Mark Wahlberg, un acteur adepte des comédies, jouer un personnage oscillant entre deux états d’esprit est une belle performance. C’est alors que le comédien décide de naviguer entre courage et culpabilité dans le nouveau film de Peter Berg tout en nous offrant un spectacle détonnant et rendant hommage à ceux qui ont vécu la catastrophe pétrolière de 2010…

Prenant pour appui sur les Dernières heures du Deepwater Horizon, un article écrit par David Barstow, David S. Rohde et Stéphanie Saul, et publié dans le New York Times le 25 décembre 2010, Deepwater est un « thriller » dramatique qui revient sur une tragédie de grande ampleur. Avec, au cœur de celle-là, des séquences explosives et un Mark Wahlberg aussi impressionnant que surprenant.

Les scènes de Deepwater se déroulent essentiellement sur une plateforme pétrolière, située dans le Golfe du Mexique. Mike Williams (Mark Wahlberg), un chef électricien, y travaille avec un groupe de foreurs expérimentés. L’entente est cordiale et sympathique. Jusqu’à ce qu’une explosion se fasse entendre le 20 avril 2010, lors d’une opération de maintenance dirigée par Jimmy Harrell (Kurt Russell). Les canaux de forage se sont mis à exploser sous la mer, alors que les indicateurs de contrôle étaient tous au vert. L’incendie de grande ampleur s’est très vite propagé au point de la faire éclater et de ravager tout sur son passage. Et c’est sans oublier l’audace, la bravoure et la solidarité sans égale qui vont permettre à toute l’équipe de se battre coûte que coûte, quel que soit le destin.

Peter Berg nous présente une histoire parsemée d’indices qui mène tout droit à une tragédie où la mort n’est jamais bien loin pour les membres de l’équipage. Ce que vivent ces derniers est réel et cette réalité nous montre la façon dont l’entraide et le courage peuvent être perçus face à un cataclysme sans précédent. Ce qui rend – non seulement leur quotidien encore plus éprouvant qu’il ne l’est déjà -, mais génère également tout un tas de maux insupportables pour les familles des âmes à bord de la plateforme.

Rien ne leur est épargné, Mike et ses collègues sont contraints de supporter la douleur de leurs proches pour se sortir du bourbier, malgré les braises et les projections de vitres qui volent en éclat. Derrière l’action, la vaillance, et les maux des uns et des autres se cachent les deux positions éthiques du récit de Peter Berg : la première dévoile l’ambition et la cupidité des membres de la plateforme qui auraient pu éviter le cataclysme si les pièces défectueuses avaient été remplacées. La seconde réside dans leur fraternité et leur capacité hors-norme à surmonter ce fléau.

Peter Berg fait de nous les témoins directs de cette importante catastrophe pétrolière. Et, au-delà de ce tragique fait-divers, il nous plonge dans le quotidien difficile de John Malkovich, de Kurt Russell et de Mark Wahlberg enfermés dans une plateforme naviguant en eaux troubles. Cette immersion dans cet espace huis clos anxiogène fait monter la tension, allant même jusqu’à se demander si les personnages, courageux et solidaires, qu’ils incarnent vont s’en sortir ou non. Peu importe la manière dont l’équipage va s’en sortir, Berg les filme pour rendre hommage aux personnes qui ont vécu ladite catastrophe et nous montrer ce qu’est la vraie camaraderie.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...