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Creative Control, critique

Guillaume Blet 0

Deuxième long-métrage de Benjamin Dickinson après First Winter en 2012, Creative Control raconte l’histoire de David, un marketeur new-yorkais, qui s’apprête à lancer sur le marché un produit innovant autour de la réalité augmentée. Mais, au cours d’une phase de test, David présente des symptômes embêtants et troublants : celui de ne plus faire la distinction entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, en particulier dans sa vie privée…

Porté et réalisé par Benjamin Dickinson, Creative Control fait référence à ce que disait le romancier Ray Bradbury, connu pour ses romans d’anticipation. Dans sa nouvelle Le piéton, ce criminel, qu’il a écrite en 1951, il y avait un dénommé M. Léonard Mead, qui était parvenu à dépeindre sa société dans laquelle la dépendance de ses proches à l’égard de la technologie avait bouleversé leurs manières de se comporter.

Mettre en scène une société dystopique où l’homme est au service de la technologie n’est plus quelque chose de nouveau depuis Equals. Observer comment une société fonctionnelle devient une société moderniste est plutôt rare. Benjamin Dickinson l’a compris, et il en profite pour cerner les enjeux et les dérives des nouvelles technologies. Et, au-delà de la technologie, Dickinson dresse une satire d’un Brooklyn futuriste prêt à tout pour devenir une mégalopole à la pointe de la technologie. Et détourner la réalité. Benjamin Dickinson incarne ce David qui mène une vie dissolue le jour comme la nuit. Entre son amie Juliette (Nora Zehetner) et son copain Wim (Dan Gill), David se porte merveilleusement bien qu’il arrive en retard à son travail. Et qu’il salue la standardiste Becky (Meredith Hagner) sans se rendre compte qu’il ne l’a pas appelée par son vrai prénom. À peine débarqué à son bureau, il prépare la campagne publicitaire d’une paire de lunettes innovantes qui permettra aux utilisateurs de l’utiliser comme un outil d’apprentissage ludique. Mais, ce qui plait vraiment à la « startup » pour laquelle David travaille est qu’elle créera une vie insoupçonnée, augmentant les capacités de l’homme à jouir de sa modeste existence.

Ancienne journaliste devenue professeure de yoga, Juliette, devant l’ampleur du projet Augmenta, découvre une image inquiétante de son compagnon. Derrière l’esprit créatif de son compagnon se cache la solitude d’un homme angoissé, obsessionnel, profondément moderne et toujours pressé, qui ne s’intéresse plus qu’à son avatar numérique. Celui-ci n’est autre que le sosie parfait de la fiancée de Wim, Sophie (Alexia Rasmussen), avec qui il devient de plus en plus infatué.

Bien que le visionnaire Ray Bradbury n’avait pas imaginé la réalité augmentée à son époque, Benjamin Dickinson s’est inspiré de ses œuvres pour le prouver et démontrer comment une société dystopique pouvait altérer la réalité et détourner l’homme de sa vie. Creative Control se révèle comme un signe avant-coureur de ce qui arrivera à la nouvelle génération qui suit les tendances d’une société révolutionnaire, si elle ne se pose pas cette question : « altérer la réalité revient-elle à confondre réalité et virtualité sans mesurer les dangers encourus ? ».

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