Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Crash Test Aglaé, critique

0

Si l’on n’y arrive pas, c’est qu’on se remet trop en question. Peur de rien, et prête à ne pas s’en poser, Aglaé décampe pour s’accrocher à ses rêves d’enfant : celui de ne jamais baisser les bras, quelle que soit l’adversité, et celui d’être fidèle à ce qu’elle est. Elle est une femme mélancolique, organisée, simplette et aussi têtue qu’un patron qui délocalise. Son opiniâtreté pourrait bien forger son destin, le sien et celui de ses collègues qui la soutiennent du haut de leurs idéalismes naïfs…

Après avoir été ballottée de motel en motel par une mère dissipée, Aglaé (India Hair) est une superhéroïne « hors de ses pompes » qui aime l’ordre, la prévisibilité et… surtout son métier. Être contrôleuse de « crash-test » est la seule chose qu’elle aime faire. Lorsque son univers professionnel est chamboulé, c’est le branle-bas de combat et Aglaé se prépare à l’action, prête à révolutionner le monde du travail.

Devant le déménagement de son lieu de travail, la jeune femme au caractère psychorigide se lance dans une aventure absurde pour poursuivre son boulot en Inde. Aglaé préfère y aller plutôt que d’être licenciée et son choix en surprend plus d’un dans l’usine délocalisée. Deux de ses camarades, Liette (Julie Depardieu) et Marcelle (Yolande Moreau), décident de l’accompagner dans ce périple insensé. Au fur et à mesure des pays contrastés qu’elles traversent, Liette et Marcelle, plus âgées qu’Aglaé, la suivent pendant quelques jours avant de la laisser vivre ses propres expériences.

De la Lorraine à Baden-Baden où elle rejoint son étrange belle-mère, en passant par un séjour folklorique en Suisse et au Kazakhstan, Aglaé n’est pas au bout de ses surprises. Ce qu’elle découvre l’entraine dans une série de voyages à travers plusieurs pays aux coutumes locales antagonistes. Son périple, quelque peu effrayant, la dépayse jusqu’à ce qu’un militaire kazakhstanais et un médecin transgenre indien lui redonnent le goût de la vie. Sa traversée se transforme en une quête personnelle rafraichissante, où le mélange des cultures donne matière à réflexion sur la délocalisation et la façon dont on pourrait en tirer profit.

Emporté par l’enthousiaste India Hair, ce « road-movie » est un conte social revigorant qui évoque des choix de vie, des combats à mener pour s’épanouir, des envies et des rencontres aussi enrichissantes qu’inespérées. Avec une naïveté et une poésie étourdissantes. De ce regard utopiste, la trentenaire donne, sans le savoir, un aspect positif à la mondialisation. Les cultures s’entrecroisent, elle apprend à connaitre l’autre, profitant de ses craintes pour forger son destin. Qu’il soit lorrain, allemand, helvète, polonais, kazakhstanais, russe ou indien, peu importe, elle s’adapte. Par la force des choses, elle respire, elle s’émeut, allant jusqu’à s’étonner et nous faire sourire devant son voyage cocasse, généreux et vivifiant. Pour elle, vivre, c’est aller vers l’inconnu, prendre des risques pour en surprendre plus d’un, à commencer par soi.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *