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Coldwater, critique

Guillaume Blet 0

Inspiré de faits réels et réalisé par le producteur de Bellflower, Vincent Grashaw, Coldwater narre l’histoire de Brad Lunders, petit délinquant envoyé dans un centre de redressement pour mineurs. Coupé du monde extérieur, ce jeune détenu va découvrir les réelles conditions de vie oppressantes dans un campement (quasi-militaire) encadré par des surveillants extrêmement autoritaires, voire sadiques. Brad Lunders va devoir choisir entre obéir aux ordres ou tenter de s’enfuir. Que va-t-il décider pour sauver sa peau et éviter les corrections que les éducateurs lui infligent ?

Révolté et enragé, P.J. Boudousqué, qui prête ses traits à Brad Lunders, nous plonge directement dans ce camp de Coldwater où les violences physiques et psychologiques sont omniprésentes malgré la bonne volonté des détenus, prêts à se conformer au règlement. Brad Lunders ne baisse à aucun moment les bras et va aller jusqu’au bout de son plan pour défendre ses camarades maltraités et dénoncer la politique sécuritaire et répressive pour mineurs aux États-Unis. A travers le parcours de Brad et sa volonté à se battre contre un système inadapté et violent, le cinéaste Vincent Grashaw va plus loin en critiquant ces environnements dénués de tous repères sociaux et en soulignant les méthodes de traitement d’adolescents fragiles ainsi que l’impact sur leurs vies futures.

Pendant toute la durée du film, Vincent Grashaw qui avance dans le sillage de Kim Chapiron (Dog Pound), filme la performance de l’acteur P.J. Boudousqué qui n’a pas cherché à devenir un héros d’un « blockbuster ». Ce dernier n’est pas sans rappeler Ryan Gosling dans Drive. Boudousqué et Gosling sont bel et bien deux grands acteurs aux gueules impassibles qui savent jouer leurs personnages avec beaucoup d’aisance et frapper là où personne ne les attend.

Magistral et prometteur, à la croisée de Dog Pound et de Drive, Coldwater propose une réflexion très intéressante sur ce type de prisons et sur les conditions de vie de ces jeunes perdus que la justice condamne avec sévérité sans penser aux conséquences de leur jugement. Vincent Grashaw réalise ainsi un film coup de poing plein de rage et de colère qui montre les limites du système éducatif américain.

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