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Clown, critique

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Lors d’instants festifs, les clowns, quelque peu mystérieux, savaient distraire les jeunes. Mais, le jour où Clive Saunders et Rob Zombie les ont mis en scène, ils ont terni leurs images et les ont fait passer comme des êtres sanguinaires en quête de légendes. Épaulé par Christopher D. Ford, Jon Watts change la donne et ajoute à leurs récits une dimension tragi-comique. Entre la compassion et la cruauté, laquelle va dominer la personnalité du clown ?

Un homme d’affaires et un père de famille respectés, Kent (Andy Powers) finalise avec joie la journée d’anniversaire de son fils Jack (Christian Distefano). Cet emballement n’est rien face au désistement d’un clown qui doit l’animer. Avec l’aide de sa femme Meg (Laura Allen), Kent parvient à trouver un vieux costume de clown dans une maison dont il s’occupe comme agent immobilier. Il décide de l’enfiler pour ne pas frustrer les attentes de son fils. La journée festive peut commencer. Démarre alors pour Kent sa métamorphose physique et ce dernier est loin d’imaginer de ce que son nouvel habit lui réserve comme surprise.

Le lendemain, Kent ne peut plus enlever la perruque et le costume qu’il porte sur lui. Ces éléments semblent faire partie de lui et rien ne peut l’aider à se séparer de cet habit informe, pas même un sécateur. Il est contraint de le garder pour aller travailler et dormir. Alors qu’il commence à se transformer en un horrible clown, Kent enquête sur le propriétaire de la maison où il a déniché l’uniforme. Et il réussit à entrer en contact avec Karlsson (Peter Stormare). Le frère dudit propriétaire lui fait une annonce déconcertante : le clown qu’il est en train de devenir fait partie d’une légende nordique, où un démon aurait vécu dans des montagnes enneigées et où il aurait dévoré un enfant par mois d’hiver.

Prenant appui sur ce mythe maléfique et tragique, Jon Watts joue sur les multiples facettes de la personnalité d’un clown à part. Tour à tour humain et cruel, son personnage devrait être intéressé par les enfants de cette légende, mais le corps de l’homme dont il s’est emparé lui résiste. Par un incroyable tour de force, le clown maléfique à l’âme humaine ne tombe à aucun moment dans les clichés faciles ou dans la névrose obsessionnelle pour nous faire peur ou renforcer notre dégoût devant le processus physique de la mutation de Kent. Seule la tragédie autour des enfants est répugnante et elle marque un point de rupture avec l’homme aimant qu’il était. L’atténuation du drame demande à Kent un effort considérable pour le délivrer du mal. Le résultat final qui en découle est douloureux pour sa famille. Cette finalité réussit à rendre à l’âme de Kent, prise au piège par un clown malveillant, son humanité. Enfin, une toute petite partie.

Ecrit par Christopher D. Ford et Jon Watts, Clown est, en réalité, une facétie au slogan audacieux : « Par le maître de l’horreur ELI ROTH », visionnée plus d’un million de fois sur YouTube. À l’effigie du malheureux Kent, cette farce s’est, elle aussi, transformée en un vrai film. Et les deux auteurs dévoilent un nouveau clown dans un récit tragi-comique, où se confrontent deux états d’esprit. L’un nous met mal à l’aise face à une tragédie liant des enfants et l’autre nous surprend avec l’histoire d’un clown pervers à la conscience humaine.

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