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Citizenfour, critique

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Laura Poitras revient sur l’histoire d’un analyste-programmeur, Edward Snowden qui est parvenu à extraire d’un logiciel des documents confidentiels du département de la Défense américaine. Comment Laura Poitras va-t-elle faire pour le rencontrer avant que la justice américaine le condamne pour trahison ? Si la difficulté de l’interroger à Hong Kong est de taille, on ne peut que valoriser la démarche de la documentariste à vouloir nous conscientiser sur ce qu’est devenue la liberté et la vie privée au sein d’un pays en guerre…

Dans la veine d’un film d’espionnage, Citizenfour est bien plus une oeuvre documentaire qu’une simple fiction avec toute la pression médiatique qu’il comporte. Anxieux, lucide et perplexe, Edward Snowden se confie face à la caméra de Laura Poitras. Quelque temps après l’avoir contacté, The Guardian et The Washington Post ont publié les informations qu’il a extraites d’un programme de surveillance chez son employeur. Le département de la Défense américaine le congédie rapidement pour avoir dévoilé l’existence de ce logiciel. Et, au-delà des actions produites par l’analyste-programmeur pour préserver la liberté et la vie privée de ses concitoyens, la population mondiale serait assise sur une bombe technologique à retardement. Il s’en va même dire qu’il est de notre devoir pour éviter un dérèglement des nouveaux outils de communication qui entraînerait une restriction importante de nos droits civiques et moraux. Plutôt que de céder à la délectation morose ou à la peur, Laura Poitras préfère relayer le combat d’un courageux homme en fuite pour cerner le mécanisme du programme et nous sensibiliser sur les dangers d’un piratage à grande échelle.

Pointé du doigt par l’opinion publique, le département de la Défense américaine, qui continue de réfuter l’existence de leur logiciel, dépeigne Edward Snowden comme l’ennemi de toute une nation, allant jusqu’à le traquer sans relâche à travers le monde. L’analyste-programmeur pourrait ne plus revenir dans son pays natal, selon les propos de son avocat Glenn Greenwald qui évoque l’influence réelle et nuisible de la politique sur celle de la justice. Même si les nombreux points de vue de Edward Snowden sont légitimes devant une cour, les hommes de droit pourraient ne pas les recevoir et risqueraient de le condamner à une lourde peine. La négocier serait presque impossible, sauf si une loi internationale viserait à préserver les lanceurs d’alerte des affaires publiques.

La documentariste Laura Poitras nous dévoile un monde bien plus corrompu qu’il n’y parait quand Edward Snowden atteste la présence d’un lien complexe entre des multinationales, telles que Apple, Facebook ou encore Google, et le département de la Défense américaine. En pointant à nouveau l’irresponsabilité de ces organismes publics et de ces firmes, l’analyste-programmeur, doté d’une profonde réflexion intellectuelle, finit par provoquer une remise en question des libertés fondamentales de l’homme. L’espionnage informatique pourra-t-il préoccuper la population du globe et être la porte ouverte au despotisme lorsqu’il sera généralisé ?

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