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Cigarettes et chocolat chaud, critique

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Faire les choses au feeling sans penser aux conséquences, voilà comment se résume la vie de Denis Patar et de ses deux filles. Après avoir travaillé sur Le Premier jour du reste de ta vie, Sophie Reine les met en scène pour aborder le syndrome de Gilles de la Tourette et la manière dont on pourrait gérer notre vie lorsqu’on apprend qu’un de nos proches en est victime…

À la fois drôle et touchant, ce récit autobiographique revient sur le parcours compliqué de Denis (Gustave Kervern), un père aimant, mais terriblement débordé par sa vie. Face à la disparition et au deuil de sa compagne, Denis jongle entre l’éducation de ses filles, Janine (Héloïse Dugas) et Mercredi (Fanie Zanini), le quotidien et ses deux boulots, sans pression, ni règle. Jusqu’à ce que Sévérine (Camille Cottin), une assistante sociale, débarque à son domicile pour s’intéresser à sa vie parentale. Les problèmes commencent et l’inspectrice considère Denis comme un parent irresponsable, même si ses filles, aussi malicieuses que touchantes, adorent leur papa. Parce que la vie de bohème que Denis mène avec ses filles n’est pas du goût de Sévérine. Cette dernière lui impose d’effectuer un stage de responsabilité parentale, sous peine de lui retirer la garde de ses filles dont l’une est atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette.

Cette comédie qui ne devait être qu’une partie de plaisir, aborde peu à peu des thèmes plus sérieux, comme celui de la place et de la responsabilité d’un parent et d’un enfant ainsi que celle de la maladie au sein d’une famille. En l’observant dans son quotidien, il est vrai que certains parents auraient besoin d’être suivis par une assistante pour les aider à mieux gérer leur vie familiale. Mais, cet accompagnement remet en cause la fonction parentale et soulève tout un tas de questions nécessaires à la bonne éducation d’un enfant.

Comment fait-on pour être un bon parent ? Y a-t-il un modèle d’éducation parentale qu’un parent doit suivre ? Comment peut-on être sûr qu’on a l’esprit de famille et le sens des responsabilités quand on a un enfant ? L’amour qu’on lui porte est-il suffisant pour l’éduquer ? Que doit-on faire lorsqu’on est confronté à la maladie de son enfant ? Comment doit-on faire face à la perte d’un proche tout en assumant seul l’éducation de son enfant et sa vie ? Sophie Reine essaye d’y répondre en confrontant une étonnante Camille Cotin à Gustave Kervern, Héloïse Dugas et Fanie Zanini pleins de fougue et de vie, et ce malgré la maladie les liant. Tour à tour enthousiaste et réticente, Cotin découvre qu’il n’y a ni bonnes, ni mauvaises réponses pour gérer une vie familiale. Elle s’aperçoit vite que tout réside à une capacité d’adaptation de l’homme. C’est une chose que Kervern maîtrise à merveille. Dans le rôle d’un paternel dépassé, mais bienveillant, il impose naturellement des limites tout en y allant au feeling quand il se retrouve en face de Dugas et Zanini.

La jeune cinéaste Sophie Reine nous plonge directement dans l’univers de la famille, oscillant entre la fantaisie et la gravité, pour nous montrer qu’il n’y a aucune recette miracle pour assurer l’éducation d’un enfant. Et trouver sa place dans un foyer. C’est d’ailleurs cette spontanéité et cette souplesse qui donnent plus d’authenticité, de charme et de saveur à une vie familiale.

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