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C’est dur d’être aimé par des cons, critique

Guillaume Blet 0

Lino Ventura disait à Bernard Blier dans Les Tontons flingueurs : « Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les r’connait ». Cette fois-ci, ils ont osé en s’attaquant à une chose sacrée de notre pays : notre liberté d’expression…

À la fin de l’année 2005, Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, un journal satirique français, est assigné en justice par la Mosquée de Paris pour avoir déclenché la colère des musulmans aux quatre coins du monde, à l’occasion d’une reproduction des douze caricatures danoises de Mahomet. Un procès que Daniel Leconte suit en temps réel pour mieux décoder les enjeux idéologiques, internationaux et politico-médiatiques.

Daniel Leconte commence par donner la parole à Dalil Boubakeur, à Philippe Val et à d’autres personnages connus pour savoir comment fonctionne notre liberté d’expression. C’est en les confrontant que Daniel Leconte s’aperçoit que la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 est appliquée en fonction de la religion des personnes, alors qu’elle ne le devrait pas. Que nous le souhaitions ou non, chacun a droit à la liberté d’opinion et d’expression dans notre pays ; ce qui implique le droit de chercher, de ne pas être inquiété pour ses opinions, de communiquer et de recevoir, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. Aucune personne contestataire, quelle que soit sa religion, ne peut donc condamner cette liberté d’expression et Charlie Hebdo est le seul journal à pouvoir le comprendre.

À l’époque de sa création en 1969, les journalistes de Charlie Hebdo pratiquaient un authentique journalisme d’investigation, par l’intermédiaire de reportages approfondis sur des domaines sensibles. À cette époque, il n’y avait pas autant de scandales qu’aujourd’hui. Que s’est-il réellement passé pour que telles personnes en arrivent à assassiner des journalistes ? Notre société ne serait-elle pas devenue une société irrespectueuse des lois qui la définissent ? Les actionnaires des groupes de presse ne seraient-ils pas sous l’emprise d’un gouvernement réformateur ?

Véritable bataille qui s’érige en symbole de la démocratie, C’est dur d’être aimé par des cons est parsemé d’humour et Daniel Leconte parfois grinçant, souvent provocateur, ne perd rien de sa spontanéité. Il nous offre ici une véritable réflexion sur ce qu’est devenue aujourd’hui la démocratie, la liberté d’expression, la religion et les droits de tout un chacun. Daniel Leconte rend ainsi un bel hommage à ceux qui sont morts pour avoir défendu leurs idées.

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