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Ce qui nous lie, critique

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Lors d’une délicate mise en bouche, l’un des trois héritiers d’une terre de vignes déclare à son beau-père l’existence de deux types de vignerons : le premier préfère cracher le vin plutôt que de le déguster et le second le savoure délicatement. Entre l’amour d’un produit noble et l’amour de l’oseille, ce légataire nous montre la valeur inestimable de ce qui nous lie à eux…

Cru subtilement écrit par Cédric Klapisch et tourné en Bourgogne, Ce qui nous lie n’est pas un documentaire sur l’œnologie et la viticulture, mais une œuvre qui évoque les liens familiaux et la relation parent-enfant. Avec, en toile de fond, des non-dits et des souvenirs qui peuvent perturber certaines âmes, si celles-ci s’en vont ailleurs.

C’est le cas de Jean (Pio Marmai) qui doit quitter l’Australie, où il vit avec sa compagne et son fils, pour retourner dans sa Bourgogne natale. Les années ont défilé, il se rend à son arrivée au chevet de son père avant de retourner là où il a grandi. Là-bas, il y retrouve sa sœur Juliette (Ana Girardot) et son frère Jérémie (François Civil) qu’il n’a plus revu depuis qu’il a préféré partir en Australie plutôt que de résoudre un conflit. De leurs amours à leurs rancoeurs, frères et sœur sont contraints de superviser l’héritage et les frais de succession tout en s’apprivoisant pour rendre un digne hommage à leur père. Leurs retrouvailles sont empreintes d’une juste réalité, dévoilant la façon dont la vie peut être difficile à vivre après une perte, la question des droits de succession, les inconvénients de l’indivision. Et, c’est sans compter sur la présence de certaines personnes déterminées à détourner leurs volontés, au détriment du patrimoine.

Face à une perte et à un regain de tension, frères et sœur privilégient la convivialité pour nous offrir d’agréables instants de vie au sein du domaine vinicole de leur père. Les récoltes qui s’y déroulent, occupent une place vitale dans la vie des héritiers qui réapprennent à vivre au gré des vignes. Ces vendanges renforcent notre fierté et notre sentiment d’appartenance à un somptueux patrimoine français. Ce rattachement nous donne envie d’inspirer les senteurs pour le protéger. Ce cru ne réside pas dans le témoignage d’une belle cause, mais il se veut comme un joli moment de distraction, nous transmettant des émotions et des valeurs simples basées sur l’amour, l’échange et la solidarité.

Entre l’amour d’une fratrie quelque peu discordante, l’amour des traditions, l’amour du vin, et l’amour pour le travail de leur père sur une terre exigeante, mais généreuse, frères et sœur sont prêts à tout pour sauver un héritage inestimable. Leurs émotions ressenties, devant des âmes rogues, donnent de l’épaisseur à leurs récoltes. Jusqu’à ce qu’un délicieux arôme se dégage et qu’une saveur, à l’image d’un cru bourguignon, se développe pour leur plus grand plaisir gustatif.

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