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Captain Fantastic, critique

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Réalisé par Matt Ross, Captain Fantastic est une ode à l’amour, à la liberté esthétiquement belle, où deux modes de vie que tout oppose se confrontent. D’un côté, on a le monde de l’Amérique civilisée. De l’autre côté, on a un père de famille (Viggo Mortensen) et ses enfants qui sont contraints de quitter leur terre. Face à leur environnement sauvage, mais unique qu’ils dépeignent comme un paradis sur Terre, l’Amérique civilisée qui les oppose, est parfois cruelle, violente, mais peut-on leur en vouloir de vivre en reclus, de ne pas s’adapter à la modernité, au capitalisme ? Oui. Parce qu’ils pourraient avoir des difficultés d’intégration sociale avec autrui. Non. Parce qu’ils pourraient avoir plus de valeurs que la plupart des êtres humains instrumentalisés par l’Amérique civilisée. Ces deux cultures, ces deux rythmes de vie qui s’affrontent, s’ignorent, se côtoient, vont-ils réussir à communiquer entre eux, à se comprendre, notamment sur le modèle parental d’éducation, sur ce qui les rapproche : la bipolarité et la perte d’un proche ?

Compatissant et intransigeant, Viggo Mortensen est un père de famille prêt à tout pour que ses six enfants évoluent dans un environnement naturel, loin des absurdités, des contradictions et des systèmes éducatifs polluants de l’Amérique civilisée.

Grâce à un modèle parental d’éducation unique en son genre, Ben, marqué par la perte de sa femme bipolaire, vit dans son coin de paradis tout en assurant l’éducation de ses enfants. Autonomes, et d’un naturel déconcertant et d’une sagesse inouïe, ces derniers font preuve d’une grande capacité d’adaptation pour survivre avec peu de moyens. Ils maîtrisent plusieurs langues étrangères tout en étant capables de parler de n’importe quel sujet, comme celui de la Constitution des États-Unis ou de la différence entre capitalisme et socialisme. Lorsqu’ils apprennent la mort de leur mère bipolaire, ils décident de revenir dans le monde civilisé de l’Amérique capitaliste pour lui rendre hommage, au grand dam de leur grand-père Jack (Frank Langella). Indépendants et téméraires, les 6 frères et sœurs découvrent de nouvelles choses fantastiques, même s’ils apparaissent un poil déphasés lorsqu’ils revoient d’autres personnes de leur âge, en particulier le colérique Jack, le frère de leur mère ou leurs cousins. Un choc des cultures et des civilisations se crée alors entre eux et l’Amérique civilisée. Les difficultés d’intégration sociale existent et la relation délicate avec leur famille est mise à rude épreuve. Jusqu’à faire passer l’Amérique civilisée comme un pays condamné à ne pas évoluer.

Matt Ross utilise avec habileté cette confrontation familiale pour souligner toute l’absurdité d’une Amérique civilisée, définie par sa cupidité, sa rigidité, son insensibilité et son matérialisme, qui marche sur la tête. Un constat qui effraie d’autant plus que cette Amérique civilisée a détourné ses valeurs pour vivre dans l’ignorance des autres cultures et modes de vie.

Il n’y a donc ni bonne, ni mauvaise façon de cohabiter ou d’éduquer son enfant, mais il y a juste des cultures, des sensibilités différentes qui opposent chacun d’entre nous sur cette Terre. Mais, faudrait-il encore que chacun trouve un compromis entre capitalisme et socialisme pour vivre ensemble ? Parce que l’important réside ailleurs, notamment dans la volonté de respecter les valeurs de tout un chacun, même si l’on n’est pas d’accord.

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