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Capitaine Phillips, critique

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Le 10 juillet 2013, Hijacking mettait en scène un équipage danois sur un navire pris en otage par des pirates somaliens. Le dernier long-métrage de Paul Greengrass (Green Zone, La vengeance dans la peau, La mort dans la peauVol 93), reprend le même temps. Mais en donnant plus d’importance à l’ennemi, en rendant son scénario plus captivant et nerveux, Greengrass arrive à faire mieux que l’œuvre danoise. Il permet à Tom Hanks de camper le rôle éprouvant du capitaine de bateau et de prouver que l’acteur de 57 ans est toujours aussi imposant derrière une caméra…

Paul Greengrass décide de frapper fort dès le départ. Son ouverture, qui présente l’équipage et les somaliens en pleine mer agitée, est excellente. Sans que l’action ne prenne le dessus sur la véritable histoire du capitaine Phillips qui a vu son navire tomber aux mains de pirates somaliens, le cinéaste prend le temps de mettre en place son intrigue, tirée de l’ouvrage A Captain’s Duty : Somali Pirates, Navy SEALs, and Dangerous Days at Sea et du vécu du vrai capitaine Richard Phillips. La tension règne sans jamais faiblir tandis que se succèdent les exigences des ravisseurs, jusqu’à son paroxysme. Greengrass, fidèle à lui-même, réalise son nouveau film caméra à l’épaule, comme pour rendre le récit plus immersif, ajoutant cette performance à la qualité d’écriture du scénario.

Capitaine Phillips, hommage au courage que peut avoir l’homme, est tout entier porté son étonnant acteur principal. Formidable de simplicité, Tom Hanks (Cloud Atlas, Philadelphia) réussit à nous montrer toute l’étendue et la complexité de son rôle lors du dénouement final, d’une puissance émotionnelle insensée. Mais il n’est pas le seul à mener la barque. Barkhad Abdi, qui interprète l’un des pirates somaliens, est doté d’un indéniable charisme et parvient à susciter une certaine empathie pour son personnage, tiraillé entre la folie de ses collègues et le courage de son otage, qui n’a jamais perdu son sang-froid en devenant commandant du navire devant des agresseurs armées jusqu’aux dents.

Basée sur un fait d’actualité médiatisé en 2009, cette incroyable aventure montre les rapport de force inhérents à l’être humain. Selon qui possède les armes, le pirate somalien et Richard Phillips voient leur rôle s’inverser. Aucun des deux ne pourra avoir la solution ultime parce que les ordres viennent de la marine américaine qui, après avoir été alertée par Philipps de la présence d’un « flotteur » à proximité de son bateau, décide de passer à l’action sans fléchir.

Avec Capitaine Phillips, le metteur en scène de Green Zone montre aussi le professionnalisme de la flotte américaine et le sang-froid à adopter dans ce genre de situation, excessivement difficile. Véritable fait d’actualité, les prises d’otage de bateau de marchandises font parties des dangers de la mer et Paul Greengrass en tire profit pour nous offrir un film haletant et prouver, s’il en était encore besoin, tout le talent de Tom Hanks. Un Tom Hanks qui pourrait concurrencer Robert Redford (All is lost) aux Oscar.

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