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Blood Father, critique

Guillaume Blet 0

Après que Jodie Foster a relancé la carrière de Mel Gibson avec Le Complexe du Castor, c’est au tour de Jean-François Richet de faire de même. L’ancien Mad Max ne joue plus le rôle d’un dépressif, mais celui d’un repris de justice qui doit renouer avec son passé sombre pour sauver l’honneur familial…

John Link (Mel Gibson), un ex-gangster alcoolique, est embarrassé. Lors d’une réunion pour personnes en cure de désintoxication, il revient sur ses choix d’homme tout en exprimant son plus grand regret : celui de ne pas s’être occupé de sa fille qu’il n’a plus revue depuis son incarcération. Après que son tuteur légal (William H. Macy) lui a obtenu sa libération conditionnelle, John vit dans une caravane en plein désert, où il travaille comme tatoueur. Un jour, il reçoit un appel désespéré de Lydia (Erin Moriarty). Cet appel téléphonique est pour lui une aubaine inouïe pour l’aider à se sortir d’une galère sans nom. Et c’est sans oublier la présence d’anciens partenaires qui lui mettront des bâtons dans les roues et qui s’interposeront entre lui et sa fille victime d’un coup monté.

Le visage buriné, et mangé par une barbe touffue, Mel Gibson est impressionnant de justesse et de rigueur. Le rôle d’un ancien truand caractériel et déterminé qui se rachète une conduite lui sied à merveille. Protéger Erin Moriarty, incarnant une adolescente perturbée et pénible, est une mission subtile qu’il n’a jamais faite jusqu’à présent, et pour la réussir, il joue la carte de l’action et de l’émotion avec une infinie délicatesse.

La prémisse d’un père qui cherche à sauver sa fille du macrocosme du crime n’est pas sans rappeler celle de Taken, mais Jean-François Richet parvient à se distinguer de cette référence cinématographique. Il fournit une image granuleuse qui donne à son récit une saveur particulière en accord avec le monde brutal de ses personnages dont l’un d’entre eux est en rédemption. Jean-François Richet filme un univers captivant, où père et fille déjouent les dangers d’un désert imprévisible et où ils essaient de resserrer les liens familiaux, lors de scènes d’action désarmantes et explosives. La force du récit de Jean-François Richet réside dans l’alchimie entre ces deux héros. L’un est un vieux briscard qui n’aspire qu’à être sobre et l’autre est une adolescente paumée qui a mal tourné à cause d’une frasque de son petit ami. Les épreuves qu’ils traversent ensemble et leurs retrouvailles créent un certain contraste entre eux. Cette dissemblance entretient un suspens constant et nous offre un « road-movie » à la fois émouvant et cocasse.

Réalisé par Jean-François Richet (L’Instinct de mort, L’Ennemi public n° 1), Blood Father est un récit crépusculaire, parsemé d’embûches et porté par un Mel Gibson en rédemption et une étonnante Erin Moriarty. Sans faire preuve d’une violence gratuite, les personnages qu’ils jouent avouent leurs fautes, commettent des erreurs, jugent mal, mentent, allant même jusqu’à éprouver une certaine empathie envers le spectateur. Si Mel Gibson se révèle un poil plus charismatique qu’à l’accoutumée, sa jeune partenaire en a tout autant que lui et Jean-François Richet réussit son pari : faire de Blood Father un film divertissant avec deux acteurs au sommet de leur art.

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