Critique : Black Swan, un film de Darren Aronofsky - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Black Swan, critique

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Pourquoi voir Black Swan, un film aussi pernicieux et tortueux que celui de Darren Aronofsky ? Probablement parce que le réalisateur de Requiem for a Dream fait jouer celle qui s’est fait connaitre grâce à Luc Besson (Léon). Natalie Portman incarne le rôle d’une ballerine hors du commun, la propulsant sous les feux de la rampe à tout jamais…

Après Requiem for a Dream, Darren Aronofsky nous emmène dans une œuvre psychique à travers l’histoire folle d’une sublime danseuse, Nina (Natalie Portman), qui prépare le ballet de Tchaikovsky avec son professeur (Vincent Kassel). Il a sélectionné Nina pour qu’elle devienne le nouveau cygne noir de son ballet. De leur confrontation, chacun se dévoile au rythme de ce ballet. Avec, au milieu de cette danse enivrante, l’exigence de l’un et la capacité de l’autre à la maitriser.

Nina apparait comme une femme frigide sous l’emprise d’un homme intransigeant et d’une mère possessive. Entre ces trois-là, la relation est ambivalente et malsaine. C’est dire. Nina dort encore dans une chambre de petite fille, ornée de peluches et teintée de couleur rose. Nina parvient à sortir de cette relation maternelle qui l’étouffe lorsqu’elle danse sur un rythme endiablé. Nina devient une ballerine exceptionnelle et s’intègre parfaitement dans un monde qui la dépasse, mais qui lui fait vite tourner la tête.

En devenant cette danseuse, Nina change de corps, puis grandit en s’imposant un terrible châtiment, lors d’une danse à la fois déchirante et sublime. Elle passe alors du statut de jeune fille à celui d’une jeune femme fatale pour devenir le fameux cygne noir que son professeur recherche tant en elle. Son jeune destin bascule avec la présence d’une concurrente (Mila Kunis) aussi machiavélique que parfaite qu’elle. Nina détruit au fur et à mesure sa vie sans le savoir. Son professeur l’entraine dans un jeu pervers de la séduction. Nina est alors déconcertée. Elle est terriblement bouleversante.

La métamorphose de Nina est personnifiée par des modifications sur son corps de jeune fille qu’elle a transformé. Le sentiment d’une violence extrême et insoutenable se révèle en elle, empruntant une analogie troublante entre les œuvres de Franz Kafka et de Darren Aronofsky. L’apparition de plumes du cygne noir sur sa peau si douce ainsi que la présence de griffures sur son visage et de sang dans ses yeux et sur ses ongles nous montrent à quel point un changement radical de personnalité peut être dévastateur et violent, mais utile pour exprimer la beauté d’une âme acclamée par le public. Natalie Portman est complètement grandiose et magnifiée par le rôle de cette danseuse.

Parfaitement orchestré par Darren Aronofsky, ce ballet est un véritable chef-d’œuvre et un thriller hallucinatoire qui raconte le destin passionnant et tragique d’une ballerine en quête de l’excellence. Cette détermination hors pair permet à Natalie Portman de remporter plusieurs récompenses méritées, notamment l’Oscar de la meilleure actrice, le BAFTA de la meilleure actrice et le Golden Globes de la meilleure actrice, de même pour sa rivale Mila Kunis.

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