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Bienvenue à Marly-Gomont, critique

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Auteur de son premier film Les Meilleurs Amis du monde, où l’apparence n’est jamais ce qu’elle prétend être, Julien Rambaldi nous conte, cette fois-ci, une histoire de famille nettement plus marquante que celle qu’il avait mise en scène. Il revient sur l’éprouvant parcours du paternel de son coscénariste, Kamini Zantoko, au cours des années 1970. Du départ d’Afrique de son père à son irruption dans une petite bourgade française revêche, les difficultés d’intégration se sont manifestées dès son arrivée. Et, pourtant…

Devant l’arrivée d’un jeune docteur étranger, Seyolo Zantoko, et des siens dans un patelin rural, les villageois de Marly-Gomont affichent rapidement leur mécontentement à leur égard. Entre amalgames et plaisanteries douteuses, entre désenchantement et renoncement, entre ignorance et mépris, la famille Zantoko ne courbe pas l’échine. Elle continue à croire en l’évolution des moeurs ancestrales. Elle ne perd ni sa dignité, ni ses origines, ni ses valeurs jusqu’à l’apparition d’élus improbes ou de médecins rogues. Les échanges sont douloureux, mais devant des règles amorales et racistes, elle trouve la force et le courage de prendre le contre-pied de la bêtise desdits villageois, visages renfrognés, pour former une véritable richesse culturelle aussi respectable que celles de leur patelin.

D’une finesse inégalable, Julien Rambaldi évoque le thème de l’intégration et de la désertification médicale dans les campagnes. Jusqu’à transformer, au fil du parcours du père de Kamini Zantoko, cette comédie biographique comme une formidable et touchante fable interpersonnelle. S’y dévoile la foi d’un médecin étranger qui est parvenu à offrir à sa famille une meilleure vie que celle qu’elle avait vécue au Congo. Cette foi force le respect et rappelle l’émouvant hommage qu’avait rendu Kheiron (Nous trois ou rien) à ses parents qui avaient échappé au régime autoritaire iranien pour s’installer en France.

L’accouchement d’une femme ingrate par un médecin noir ainsi que la rencontre entre une famille africaine et des villageois blancs dans une Église constituent les instants les plus saisissants de cette fable sociale. Empreints d’humanité et de courage, ils dépeignent le choc des cultures, nous livrant une réflexion avenante sur la différence et sur l’acceptation, et rendant un immense hommage au père de Kamini Zantoko.

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