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Baby Phone, critique

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Comment imaginer qu’un Baby Phone, un petit appareil de surveillance pour bébés, puisse mettre sens dessus dessous la vie d’une jolie petite famille et déclencher toute une série de quiproquos ?

Olivier Casas prend le temps de nous présenter ses personnages avant que leur vie ne s’éclate en mille morceaux de la meilleure des manières qui soit : Ben, un musicien en pleine galère, et sa femme Charlotte, une doctoresse désespérée par la naïveté de son mari ; Nathan, un médecin accro au sexe, et Simon, un producteur excédé ; Hubert et Monique, les parents de Ben doux-amers, ainsi que Juliette, une chanteuse émouvante et « trash ». Un jour, lors d’un footing, Ben décide de fêter l’arrivée de sa petite fille qu’il a eue avec Charlotte. Pour y parvenir, il doit user d’un petit mensonge pour que tout le monde soit présent à cette fête.

Le huis clos amical et familial cocasse et enlevé, parsemé de répliques bien senties, démarre très fort. L’ambiance bat son plein jusqu’à ce qu’un Baby Phone se mette à parler et commence à faire resurgir des tensions chez Ben et Charlotte. L’étonnement de l’un compense la colère de l’autre pendant que Nathan et Simon, un brin sournois en moralisateurs, nous emportent. Jusqu’à ce que la quiche fasse monter une saveur épicée. La sagesse de Hubert dont l’attitude inquiète Simon, et l’aigreur de Monique finissent, quant à eux, cette quiche avec l’excentrique Juliette. Enfin, ils essaient…

Ici, Olivier Casas utilise ce huis clos pour placer ses acteurs dans des situations plus embarrassantes qu’inhabituelles. Medi Sadoun est stupéfait. Anne Marivin nous émeut, par sa fraîcheur, sa spontanéité, face à Sadoun en musicien persévérant, mais égoïste et naïf. Lannick Gautry en tombeur maladif fait des ravages autour de lui et Barbara Schulz en rockeuse lui renvoie la monnaie de sa pièce. Face à eux, l’indéboulonnable et le déjanté Pascal Demolon assure le show pendant le repas. Une fois servi, les plats commencent à se vider, les secrets éclatent au grand jour pour le meilleur et pour le p(r)ire. Comment ne pas oublier Michel Jonasz et Marie-Christine Adam ? Ils nous surprennent avec leur philosophie de vie et profitent des rancœurs de tout un chacun pour nous faire réfléchir à nos rapports qu’on a envers nos amis, nos conjoints, nos parents.

Baby Phone, un mélange aigre-doux d’émotion, de folie et de rire, pose un regard amusant et amusé sur nos craintes, nos mensonges, nos petites hypocrisies qu’on a entre gens civilisés. Avec, au cœur de ce huis clos, un joli brin d’extravagance et de sagesse de Pascal Demolon et de Michel Jonasz. Ce sont ces deux-là qui pimentent le plus la vie de leurs comparses et la font passer comme un agréable moment à savourer en famille, entre amis. Bref, allez-y… Du moins, pour ne pas que la quiche refroidisse…

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