Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Au bout du conte, critique

0

« Ils vécurent heureux et se trompèrent beaucoup », tel est la conclusion de ce film choral, Au bout du conte, pour lequel décorateurs et costumiers se sont amusés en imaginant les tenues de la « fée Carabosse », portées par Agnès Jaoui. La comédienne dernière fait face à des personnages issus des contes classiques…

Laura (Agathe Bonitzer), un petit chaperon rouge crédule et fervent, ne cesse de rêver au grand amour et à son prince charmant. Sandro (Arthur Dupont), un compositeur de musique contemporaine, se concentre sur son art. Entre ces deux personnages nait une belle histoire jusqu’à ce que la réalité les sépare brutalement. Un formidable loup prédateur (Benjamin Biolay) qui entre en scène s’empare de leur unique amour. Et le film met en scène une société intransigeante avec ses relations humaines. L’homme calculateur (Biolay) en profite pour abuser de la bienveillance de la jeune Laura, agaçante et prétentieuse, en lui donnant une énorme claque sur le visage. Il fait de même avec l’artiste Sandro. Des scènes amusantes qui vont permettre à ce couple naïf de redescendre de leur petit nuage.

Dans la vie de Laura se trouvent une belle-mère possessive, prête à tout pour plaire, et une tante, Marianne, vêtue d’un costume de fée, qui prend soin de sa nièce du mieux qu’elle le peut. Éperdue, Marianne essaie de se débrouiller seule malgré une vie bien compliquée, entre un ex-mari passionné de haute technologie, une fille qui lit la Bible et un désir de réapprendre à conduire. C’est à ce moment-là que Marianne fait la connaissance d’un moniteur d’auto-école, Pierre (Jean-Pierre Bacri), père de Sandro qui, obnubilé par la date de sa mort révélée trente ans auparavant par une voyante, répand son incroyable pessimiste pendant tout le film. Un JeanPierre Bacri égal à lui-même. Tout comme Agnès Jaoui subtile et presque énervante.

En s’attaquant aux croyances de l’être humain, Agnès Jaoui met en avant toutes ces petites choses que l’on nous fait gober pour adoucir nos vies et les rendre plus simples. Que les gens embrassent une religion ou vivent un conte de fées, une grande histoire, la réalisatrice nous montre qu’on est lié par le même combat : celui de vivre et de trouver son équilibre au sein d’une société disparate. Ces espérances sont en réalité des passerelles auxquelles il est facile de croire, mais que la vie se charge très vite de défaire. Au bout du compte, ses personnages farfelus, rêveurs ou intrépides sont comme nous. Ils avancent, ils espèrent, ils croient, ils se trompent parfois, souvent s’abiment. Avec toujours un peu plus de force et d’expérience.

Au bout du conte est un bon divertissement sur les divers problèmes de tout un chacun, comme la recomposition d’une famille avec des enfants bruyants, la solitude, la vieillesse, les chimères de l’amour, bref, c’est un film qui croque la vie en quelques plans.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *