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Arrêtez-moi là, critique

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Arrêtez-moi là est un fait-divers américain dans lequel un homme innocent a été accusé à tort de l’enlèvement d’Elizabeth Smart, une adolescente de 14 ans, à Salt Lake City, en 2002. Ce fait-divers réel nous démontre la manière dont le système judiciaire peut broyer la vie d’une âme sans avoir finalisé son enquête…

Prenant appui sur le roman éponyme de Iain Levison, Gilles Bannier signe son premier film, revenant sur l’engrenage judiciaire infernal où le malheureux Samson Cazalet (Reda Kateb), un chauffeur de taxi sans histoire, est contraint de conduire Louise Lablanche (Léa Drucker) à l’aéroport. Le lendemain, Samson est désigné coupable par la police de l’enlèvement de la fille de sa cliente (Thémis Pauwels).

À travers le parcours tragique de Samson Cazalet, Gilles Bannier évoque les difficultés du citoyen moyen à se défendre. Et à prouver son innocence devant des représentants de la loi aux méthodes racoleuses. Il y a ce piètre avocat que la justice lui commet d’office et cette impression d’être confronté à la lourdeur d’un système judiciaire qui préfère faire tomber des têtes plutôt que d’affiner les enquêtes. Les policiers chargés de l’affaire intimident l’accusé en parlant de ses déboires pour l’affaiblir. De sa mise en examen à des intimations policières, en passant par ses rendez-vous chez le juge d’instruction, Samson Cazalet passe par toutes les étapes d’une longue et endurante procédure. Gilles Bannier la filme tout en mettant l’accent sur l’aspect psychologique de l’incriminé mis à rude épreuve et son cri de désespoir que personne ne veut entendre. C’est ce silence sournois qui révèle l’incapacité des avocats et des enquêteurs à faire preuve de psychologie et de sang-froid pour approfondir les enquêtes.

Après s’être fait remarqué dans Un prophète et Loin des hommes, Reda Kateb dévoile une fois de plus qu’il est un acteur étonnant de naturel. Il est capable de maîtriser toutes ses émotions face à un système judiciaire qui refuse de revenir sur son verdict, sous couvert de la loi ou de la loi qui l’applique comme bon lui semble. La séance terminée, Gilles Bannier nous montre que les apparences sont parfois trompeuses. Et que ce n’est pas parce que tout vous accuse que vous êtes coupable.

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