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Alliés, critique

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Quatre années après son excellent Flight et un peu plus d’un an après son audacieux, mais « casse-gueule » The Walk – Rêver Plus Haut, Robert Zemeckis repasse derrière la caméra pour signer son nouveau film Alliés. Un drame historique où amis et ennemis ne font qu’une entité, en plein conflit…

Robert Zemeckis revient sur la relation intrigante entre deux personnages, l’un est un soldat britanno canadien et l’autre est une résistante franco-germanique, pendant la Guerre froide. Tout les oppose. Et, pourtant, Max Vatan (Brad Pitt) et Marianne Beausejour (Marion Cotillard) se croisent dans un lumineux Casablanca des années 1940, à l’occasion d’une mission à haut risque. C’est le début d’une histoire romanesque où l’alchimie parfaite entre Max et Marianne opèrent à merveille au sein d’une intrigue d’époque, parsemée d’émotion et pleine de rebondissements.

Dans la première partie captivante, Robert Zemeckis reconstitue Casablanca comme personne ne l’a jamais fait. Ses deux protagonistes, Max et Marianne, sont contraints d’y séjourner quelques jours et de jouer le rôle d’un couple pour exécuter une mission explosive, en guise de protection contre des esprits allemands malveillants. Max et Marianne nous offrent des scènes d’anthologie explosives, avant de s’exiler à Londres.

La seconde partie est lente et posée. Elle est à l’image d’un quotidien tout à fait ordinaire où Max et Marianne se sont mariés et sont devenus les parents d’une adorable petite fille. Ils sont heureux et vivent loin de cette « mission suicide » qu’ils avaient orchestrée à Casablanca. Et c’est sans compter sur la présence des services secrets britanniques qui informent Max que Marianne pourrait être une espionne allemande et lui mentir sur sa véritable identité depuis le début de leur mission au Maroc. L’enjeu est de taille pour Max qui est passible de la cour martiale et de sanctions, allant de l’emprisonnement à vie pour trahison à la mort de Marianne. Lorsque Max enquête sur le passé de sa femme, il n’est pas sans le savoir qu’il va devoir l’affronter discrètement pour discerner le vrai du faux. Marianne incarne une femme au foyer avec amabilité et sensualité. Habile dans sa façon de s’exprimer, elle profite de l’époque troublante pour faire croire à Max, toujours sur le qui-vive, que tout est parfaitement normal. Max et Marianne deviennent à leur insu les rouages centraux d’une intrigue d’époque cauteleuse.

De leur alliance factice au Maroc à leur union à Londres, en passant par leurs incertitudes et leur petite fille, Robert Zemeckis pousse le soupçon jusqu’à les contraindre à faire un choix entre leur famille ou leur patrie. Max et Marianne nous entraînent dans leur tourbillon amoureux, teinté d’embûches et de surprenantes révélations. Zemeckis fait de l’histoire de Max et de Marianne un drame historiquement romanesque qui nous laisse de marbre, lors d’une déclaration ombrageuse.

Si la reconstitution d’une ère suspicieuse est plus que parfaite, il n’y a pas grand-chose d’autre à redire sur ce drame historique parfois alambiqué, souvent haletant pour nous offrir de moments jubilatoires, comme la scène d’amour en pleine tempête de sable, la scène de la fusillade que Max et Marianne orchestrent ou la scène de la naissance de leur fille née sous les bombes. L’histoire de Brad Pitt et de Marion Cotillard en Max et Marianne ne manque ni de charme, ni de finesse, et nous permet de voir si l’amour entre deux êtres de différentes nationalités peut transcender le discours bien pensant d’un pays en guerre. Un conflit peut-il permettre à l’un de pardonner à l’autre ou de transformer l’un des deux à tout jamais ? Derrière cette guerre se cache une petite fille qui est le fruit d’un amour vrai, même si la relation dont elle est issue est basée sur des petits mensonges. Ce n’est pas parce que Max et Marianne se sont aimés, envers et contre tous, en plein conflit qu’ils font du mal à quiconque. Non ?

Alliés est un drame historique sur fond d’amour et d’espionnage, à l’esthétique classique soignée, porté par Brad Pitt et Marion Cotillard. C’est ici un tandem détonnant qui est aussi suspicieux que le Londres des années 1940 aux propos nauséabonds.

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