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Alleluia, critique

Guillaume Blet 0

Dix ans après Calvaire et quatre mois après la sortie de Colt 45 où il confrontait Gérard Lanvin à Joey Starr au sein d’une histoire de corruption, Fabrice Du Welz est de retour avec Alleluia, un film méconnu du grand public…

Fabrice Du Welz raconte l’histoire de Michel qui possède un mystérieux don, lui permettant de séduire n’importe quel type de femme après une incantation dont on ne connait pas grand-chose. Avec des méthodes peu glorieuses, Michel utilise ce don magique lorsqu’il repère ses proies sur des sites de rencontre qu’il fréquente. Il leur propose des rendez-vous « mentaux » et les hypnotise complètement pour leur soutirer de l’argent avant de commettre l’irréparable.

Un jour, Michel fait la connaissance de Gloria qui avait tout pour devenir une de ses victimes. Elle ne le deviendra pas parce qu’elle lui propose un marché curieux et étonnant : celui d’être sa complice de ses actes qu’elle finit par découvrir et celui de devenir sa fidèle compagne. Pour y parvenir, Gloria devra quitter la fille de la voisine qu’elle s’occupait et passer d’une vie casanière à celle d’une complice.

Michel et Gloria deviennent alors un couple infernal et ne cessent d’aller de ville en ville, de campagne en campagne. Pendant que le premier continue à exploiter ses talents cruels sur les femmes qu’ils croisent, Gloria s’affiche malgré tout comme sa sœur au lieu d’être son épouse. Jusqu’à ce qu’elle finisse par ne plus supporter cette situation et qu’elle entraîne, avec elle, Michel dans une spirale infernale, mensongère et meurtrière. Une spirale, soutenue par une atmosphère particulière, les condamne à passer leur vie en cavale et leur couple n’est pas sans rappeler celui qui avait semé la terreur aux États-Unis.

Remarquée au festival de Cannes, cette réalisation franco-belge est l’adaptation de l’histoire vraie des Tueurs de la lune de miel ayant secoué les États-Unis dans les années 1950. Cette adaptation révèle tout le potentiel de Laurent Lucas (Harry, un ami qui vous veut du bien) et de Lola Dueñas, l’héroïne espagnole de Pedro Almodóvar (Les Amants passagers, Étreintes brisées, Volver et Parle avec elle).

Porté à la perfection par ces deux comédiens à l’humour noir ravageur, Alleluia comporte des dialogues crus, mais efficaces dans son propos. À la fois dérangeant et drôle, le film de Fabrice Du Welz est une œuvre à la mise en scène haletante dont la retranscription de cette histoire tragique est à conseiller aux personnes qui n’ont pas froid aux yeux.

Si vous appréciez ma chronique, ce serait sympa de la partager...

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