Critique : Alibi.com, un film de Philippe Lacheau - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

Alibi.com, critique

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Alors que la comédie française fait grise mine depuis quelques années, Alibi.com revêt un caractère providentiel vis-à-vis du constat actuel. Très loin d’incarner ce renouveau tant attendu de la comédie, Alibi.com parvient à triompher là où les autres comédies s’étaient vautrées : faire rire et sourire…

Auteur de Babysitting et de Babysitting 2, Philippe Lacheau raconte ici l’incroyable histoire de son personnage Gregory, un jeune chef d’entreprise, dont la mission est de trouver des alibis à ses clients pour cacher des infidélités. Un jour, alors qu’il fait une petite virée à bord d’un van, Gregory, accompagné d’Augustin (Tarek Boudali) et de Mehdi (Julien Arruti), fait une étrange découverte sur la route : une ravissante jeune femme Flo (Élodie Fontan). Peu de temps après, Gregory s’éprend de Flo et ne lui révèle pas sa véritable profession pour ne pas la faire fuir. Mais, sa relation avec un de ses clients (Didier Bourdon) met sens dessus dessous sa vie de couple avec bien-aimée. Pour la sauver, et celle de son client, Gregory, Augustin et Mehdi sont contraints d’inventer toute une myriade d’alibis jusqu’à rencontrer des imprévus de plus en plus dingues.

Philippe Lacheau insuffle à son récit une formidable puissance de frappe vaudevillesque, où des situations s’enchaînent à une vitesse fulgurante et où une romance s’intensifie dans la contrariété. Philippe Lacheau maintient un rythme soutenu à coups d’énormes vacheries et de quiproquos savamment entretenus par lui-même, ses deux copains et un nouveau lascar (Medi Sadoun). Le règlement de compte sous le soleil de la Côte d’Azur est assuré entre ces joyeux drilles, tous plus azimutés les uns des autres, et le crêpage de chignon va crescendo jusqu’à une partie de plage explosive, en guise d’exutoire. Avec, en toile de fond, une croustillante vengeance féminine qui risquerait d’émoustiller certains. Une parenthèse cannoise pleine de surprises qui se révèle comme une bonne grosse partie de plaisir, où Philippe Lacheau et sa bande, tous nostalgiques les uns des autres, se distraient en passant d’une scène à une autre tout en réinventant une ère.

Alliant humour effronté et références aux années 1980, Alibi.com fait référence à Flash Gordon que Philippe Lacheau remplace par Jean-Claude Van Damme qu’il imite. Enfin, il essaie. Et c’est sans oublier les « caméos » (Joey Starr, Kad Merad, Michèle Laroque, Vincent Desagnat) qui submergent les nouvelles aventures de Philippe Lacheau. La chorégraphie comique réside, quant à elle, dans l’engrenage ininterrompu de blagues graveleuses, par l’imbroglio de simulacres loufoques qui arrivent de manière incongrue.

Au-delà des nombreuses références citées, Alibi.com suscite une certaine forme d’enthousiasme. Il demeure même un réel plaisir coupable et une pratique susceptible d’engendrer l’hilarité par un effet collectif de fou rire. Le rire afflue de toute part grâce au prozac que Philippe Lacheau et ses potes nous ont prescrits du début de leur aventure. Pour pouvoir continuer à rire, il faut mieux s’assumer que de se faire allumer par plaisir. C’est énorme et ça fait sourire. Alors. Laissez-vous séduire par votre alibi. Du moins, pour quelques instants de répit et pour vous enfuir avec la troupe de Philippe Lacheau. Ce n’est pas un scoop et c’est ce qu’il vous faut pour rire.

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