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Alceste à bicyclette, critique

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Au sommet de sa carrière, Serge Tanneur s’est exilé du monde du spectacle qu’il jugeait trop fourbe pour une vie en solitaire à l’île de Ré. Quelques années plus tard, un ancien camarade, Gauthier Valence décide de le rejoindre. Pour le remettre en scelle, Gauthier lui propose de reprendre les rôles d’Alceste et de Philinthe dans Le Misanthrope. Serge entre dans une période de réflexion pendant les cinq premiers jours des répétitions. Commence alors pour les deux copains l’envie de renoncer et le plaisir de rejouer ensemble. La gentillesse de Gauthier est souvent mise à rude épreuve par le ressentiment de Serge. Remonteront-ils sur les planches ?

Le cinéma français n’est pas mort. Philippe Le Guay lui donne une deuxième vie grâce à l’adaptation de la célèbre pièce de Molière. Il propose ici une variation sur la misanthropie, littéraire et vécue, plaçant Gauthier et Serge au milieu d’un bel échange verbal et jubilatoire. Le malaise de l’un et le mal-être de l’autre n’oublient pas l’humour comme remède contre la morosité ambiante de l’Île. Les duettistes se cherchent et se redécouvrent pour nous faire comprendre que nos convictions ne dépendent que de nous. Tous deux alternent leur rôle et décortiquent l’être humain avec éloquence. Quand la douleur arrive, elle n’est qu’un prétexte pour les révéler et jouer sans faux-semblant ni masque au sein d’un univers théâtral parfait.

Deux hommes de théâtre qui s’affrontent à coup d’alexandrins sont la pièce maitresse de ce projet mené avec intellect par Philippe Le Guay. D’un côté, Fabrice Luchini incarne une personne excédée et maniérée. Elle est toujours aussi habile avec les mots qu’avec la perfection des choses. De l’autre, Lambert Wilson en personnage bienveillant se montre embarrassé. Face à ce tandem énergique, on trouve des personnes secondaires amusantes : une Italienne improvisée en quête du bellâtre, un agent immobilier, une hôtelière et une adolescente qui raconte ses aventures.

Avec Alceste à bicyclette, Philippe Le Guay fait renaitre la pièce de Molière. Et retrouve Fabrice Luchini qui, adepte des planches, use des mots pour montrer la richesse de notre langue et le visage de l’être humain. Subtilement interprété.

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