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A l’aveugle, interview

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Auteur de Ils et The Eye, deux productions fantastico-horrifiques, Xavier Palud s’essaye pour la première fois au thriller psychologique tout en orchestrant un face à face convaincant autour d’un duo inattendu : Jacques Gamblin et Lambert Wilson…

Guillaume Blet : Après que vous ayez réalisé ces deux productions fantastico-horrifiques, vous décidez de changer de registre. Comment vous est venue cette idée ?

Xavier Palud : De ma collaboration avec David Moreau est née l’envie d’expérimenter un autre genre : un film complètement différent, de proximité, avec des personnages aussi forts et sombres que ceux qu’interprétaient Jean-Paul Belmondo ou Lino Ventura.

Guillaume Blet : Comment s’est-il passé la rencontre avec Luc Besson qui produit votre projet ? Quelle a été sa part d’implication ?

Xavier Palud : Nous nous sommes croisés un peu par hasard aux États-Unis. Luc Besson produisait la série XIII dont j’étais le metteur en scène. Il m’a proposé de collaborer avec des acteurs de nouvelle génération. L’idée m’a intéressé et ce fut le point de départ de ce premier thriller psychologique. Durant le tournage, Luc Besson était un producteur extrêmement ouvert qui m’a permis d’exprimer mes opinions sans aucune contrainte. Ma collaboration avec Luc Besson était humaine et sereine, ce qui m’a réellement changé de celles que j’ai pu entretenir avec des producteurs américains.

Guillaume Blet : Le face à face de Jacques Gamblin et de Lambert Wilson est l’un des temps forts du film. Ces deux acteurs étaient-ils votre choix de casting initial ?

Xavier Palud : Organiser la rencontre entre deux comédiens qui ne s’étaient jamais donné la réplique est un défi audacieux, créant une certaine originalité dans le paysage du cinéma français. Jacques Gamblin et Lambert Wilson, deux éternels insatisfaits, se sont totalement imprégnés de leur personnage pendant le tournage.

Guillaume Blet : Les deux hommes qu’incarnent Jacques Gamblin et Lambert Wilson possèdent des personnalités différentes, mais par bien des points, similaires : égaré, presque suicidaire et solitaire. Les filmer avec une telle proximité était-il un pari risqué ?

Xavier Palud : Je souhaitais mettre en scène deux grandes pointures dignes dans leurs quêtes, aussi dissemblables soient-elles. Coller au plus près de leur état d’esprit me paraissait important à faire. Je les ai filmés avec une certaine majesté pour faire ressentir aux spectateurs leur élégance, leur loyauté, leur noblesse et leur sens de l’honneur. L’un et l’autre se sont glissés dans la peau de deux hommes anéantis par la mort d’une femme, perdus et trahis par leur pays. Et, au-delà de ces deux hommes, se dévoilent deux histoires parallèles, deux tragédies qui finissent peu à peu par se croiser. Ce face à face leur sera salutaire psychologiquement parlant.

Guillaume Blet : Ce qui est le plus marquant dans votre polar est l’atmosphère angoissée, très sombre qui s’en dégage. Comment avez-vous réussi à instaurer cette ambiance ? Des moments de tension sont-ils apparus lors du tournage ?

Xavier Palud : J’ai pris le parti de cinématographier la plupart des scènes dans la pénombre, ce qui confère immédiatement un environnement teinté de noirceur. J’ai privilégié une caméra « introspective », des plans serrés, voire « rigides », pour restituer au mieux le ressenti des personnages en pleine tragédie et en quête de vérité. La musique, composée par Laurent Couson, joue un rôle essentiel dans leur histoire tout en permettant de mettre en exergue la psychologie de ces personnages sous un angle moins sombre qu’à l’accoutumée.

A l’aveugle, critique

Propos recueillis par Guillaume Blet le 18 mars 2012.

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