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A l’aveugle, critique

Guillaume Blet 0

Porté efficacement par Jacques Gamblin et Lambert Wilson, À l’aveugle est aux antipodes des deux précédents thrillers fantastico-horrifiques, Ils et The Eye, qu’il a réalisés avec David Moreau. Xavier Palud fait cette fois-ci cavalier seul et nous plonge distraitement dans les limbes d’une intrigue haletante, où la cécité est le royaume de la vérité…

Une jeune femme est retrouvée sans vie, affreusement amochée, à son domicile. L’état des lieux n’a révélé aucune effraction. Le commandant Lassalle (Jacques Gamblin), un inspecteur de police chevronné et taciturne, et sa collègue Héloïse (Raphaëlle Agogué) ne trouvent aucun témoin. Tout laisse à croire à un assassinat savamment orchestré par un tueur professionnel. Alors que d’autres meurtres tout aussi saigneux se profilent dans la région, la personnalité d’un suspect non voyant, Marvik (Lambert Wilson), pique la curiosité de Lassalle jusqu’à l’apparition d’un alibi irréfutable. L’infirmité de ce suspect le met vite hors de cause. Un combat singulier, telle une pantelante partie d’échecs, s’engage entre les deux hommes, aveuglés par les bruits de pions insidieux qui se déplacent sur le damier d’une histoire inquiétante qui les unit et les oppose.

Pour son nouveau passage derrière la caméra après ses productions fantastico-horrifiques, Xavier Palud signe un thriller psychologique dans lequel deux inspecteurs déterminés découvrent au fil de leur enquête intrigante et palpitante le cadavre d’une jeune femme mutilé. Des interrogatoires musclés aux dialogues nerveux en passant par une perquisition dans l’appartement insalubre de l’ex-petit ami de la disparue, Jacques Gamblin et Raphaëlle Agogué qui incarnent ces deux fins limiers donnent le ton à une investigation saisissante. À vue d’oeil, les premiers éléments qui apparaissent sous leurs yeux leur indiquent le coupable idéal. Mais, au-delà des simples semblants, se dévoilent les mécanismes d’un plan machiavélique autour d’un accordeur de piano que la défunte connaissait.

Lambert Wilson se montre en réalité comme un suspect ni amnésique ni sourd. Cet état de fait renforce l’intrigue menée tambour battant par Jacques Gamblin et Raphaëlle Agogué, un brin éblouis par les caractéristiques psychologiques de leur adversaire embarrassant et discret. Qui est vraiment ce suspect qui les tourmente jour et nuit ? Quel est le lien qui le rattache à leur enquête où se mélangent coupables et victimes ? En les observant s’affronter se manifestent des hommes au service d’une vérité que seule l’introspection l’emportera, lors d’un ultime face-à-face convaincant. Avec de tels acteurs au sommet de leur art, Xavier Palud nous guide dans la plus grande noirceur d’une investigation insidieuse, dont le mode opératoire alimente une mise en scène énergique.

NDR : À l’aveugle – Diffusé le 28 juillet 2015 – France 2.

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