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96 heures, critique

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Victor Kancel (Niels Arestrup), un voyou notoire incarcéré pour de multiples braquages, organise son évasion avec ses complices à l’extérieur. Au lieu de quitter le pays, il orchestre un plan machiavélique et kidnappe Gabriel Carré (Gérard Lanvin), le patron de la Brigade de Répression du Banditisme responsable de son arrestation trois ans auparavant, dans le but de savoir qui l’a fait plongé en prison…

Gabriel Carré connait parfaitement son adversaire et le face-à-face avec ce dernier prend une tournure inattendue jusqu’à faire augmenter la tension du récit à son paroxysme. Entre ces deux hommes que tout oppose, tout est une question de regard. Kancel et Carré se toisent, pupilles sombres et perçantes contre yeux bleus et glacés. Leur relation devient très vite l’élément central d’une intrigue captivante.

La stratégie adoptée par ces deux protagonistes pour parvenir à leurs fins respectives nous amène de surprises en surprises et dévoile la personnalité du truand comme un être implacable, paranoïaque et aliéné. Niels Arestrup y est impressionnant dans le rôle de Kancel. Face à lui se montrent un Gérard Lanvin habile et professionnel dans le costume de commissaire, Sylvie Testud en flic tenace et une Laura Smet étonnante dans la peau de la fille du voyou.

Sans révolutionner le genre, Frédéric Schoendoerffer nous offre un policier digne de ce nom et parvient à nous happer jusqu’au bout de son histoire saisissante, riche en rebondissements. Le cinéaste met en scène un polar à l’ancienne où deux grandes « gueules » du cinéma français (Niels Arestrup contre Gérard Lanvin) s’affrontent à la recherche d’une vérité que leurs personnages connaissent depuis le premier jour de leur rencontre. Sans en dire davantage, la scène finale étonnante de simplicité est déroutante, ce qui n’est pas coutume pour ce genre de film. La mise en scène de 96 heures est sobre. Les personnages secondaires apportent crédibilité et efficacité à l’histoire de Kancel et de Carré. Un véritable travail d’équipe net et sans bavure.

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