Critique : 9 mois ferme, un film d'Albert Dupontel - myCinéthèque Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

9 mois ferme, critique

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Après avoir donné la réplique à Benoît Poelvoorde dans Le Grand soir, comédie satirique sur notre société actuelle de Benoît Delépine et Gustave Kervern qui a reçu le prix spécial du jury à Cannes en 2012, Albert Dupontel endosse pour la cinquième fois la casquette de metteur en scène. Et partage l’affiche de 9 mois ferme avec Sandrine Kiberlain…

L’actrice y tient le rôle d’une jeune femme psychorigide et célibataire endurcie qui va, malgré elle, tendre vers la folie douce lorsqu’elle découvre l’identité du père de son enfant. Celui-ci, un dangereux criminel condamné par la justice pour avoir mangé les yeux de ses victimes, est maintenant surnommé « globophage ». Centré sur la relation qu’entretiennent cette juge obnubilée par son travail et ce taulard au casier judiciaire peu reluisant, le nouveau long-métrage de Dupontel a des allures de comédie de mœurs décalée et survoltée. Son scénario bénéficie notamment de dialogues à l’humour absurde, démesuré, caustique et « trash ».

La scène d’ouverture, avec sa mise en scène fluide et son étonnant charme visuel, est représentative d’un long-métrage sublimé par l’irréprochable qualité de la photographie. Par la suite, la délicatesse et la fragilité qui émanent du personnage de Sandrine Kiberlain font merveilleusement contrepoids à la violence de l’interlocuteur joué par Albert Dupontel (qui n’est pas sans rappeler son rôle dans Bernie). Cette concordance ne fait qu’accentuer l’impact comique du rapport entre les deux comédiens et l’image péjorative donnée aux institutions judiciaires.

Le reste du casting est constitué d’acteurs fétiches de Dupontel, aussi surprenants qu’irrésistibles, à l’instar du malchanceux juge (Philippe Uchan), de l’avocat bègue (Nicolas Marié) ou du flic lourd (Christian Hecq). Les pétillants Bouli Lanners en policier de vidéosurveillance, Jean Dujardin en traducteur de langues des signes et Terry Gilliam en Charles Meatson cannibale ne sont pas en reste.

Parsemé de situations cocasses et rocambolesques, de répliques acerbes qui font mouche à chaque instant, 9 mois ferme parvient à captiver. Cette comédie burlesque totalement déjantée sur fond de justice et de paternité, avec son audace et ses personnages atypiques, est bien la preuve d’un cinéma français qui se renouvelle. Et porte en elle l’espoir qu’Albert Dupontel nous réserve encore de belles surprises comme celle-ci.

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